Le combat d'une mère célibataire

LE COMBAT D'UNE MÈRE CÉLIBATAIRE

J'avais 25 ans quand Patrick m'a laissé avec quatre enfants à m'occuper. Patrick, c'est le père de mes quatre enfants. " Le salopard" qui m'a promis monts et merveilles et qui, après la naissance de notre quatrième enfant a pris la poudre d'escampette. 

J'avais 17 ans lorsque j'ai fait la rencontre de Patrick. Un jeune de 25 ans qui gagnait sa vie en faisant du " Bensikin " autrement dit, chauffeur de moto taxi. 
Je faisais la classe de 1ère C au lycée Mongo Joseph, et comme chaque matin, j'empruntais une moto pour me rendre au bahut vu que la maison était assez loin de là. 

C'est donc comme ça qu'on s'est rencontré. Au début, quand il me faisait la cour, je l'envoyais balader. Puis à force d'insister, j'ai fini par céder. Je le trouvais charmant et puis il avait fière allure. Mais j'avoue quand même que cette relation ne m'emballait pas trop au début vu que j'avais mes études, et puis j'avais ma pauvre mère handicapée qui comptait sur moi et qui mettait aussi beaucoup d'espoirs en moi. 

J'étais le seul enfant qui lui restait, puisque les deux autres enfants que maman avaient eu étaient décédés de suite de maladie. 

Maman comptait donc énormément sur moi et il n'était pas question de la décevoir. Mais petit à petit, ce qui était au départ une simple idylle, devint rapidement une relation sérieuse.

Il faut dire qu'à cet âge là , j'étais encore naïve et puis avoir un petit amoureux m'apportait un certain réconfort puisque avant Patrick, je n'avais pas de petits amoureux et le fait d'entendre mes copines parlées tout le temps de leurs petits copains me mettait parfois mal à l'aise, et puis Patrick s'occupait bien de moi et survenait à quelques uns de mes besoins. 

Il faut dire que venant d'une famille modeste et avec une mère qui pouvait à peine marché, les journées au lycée étaient parfois difficiles., mais je me contentais toujours du peu que maman me donnait.

Les semaines passèrent, et Patrick et moi ça devenait chaque jour un peu plus sérieux. Et petit à petit, l'élève studieuse que j'étais devint une élève paresseuse. 
Je séchais de plus en plus les cours et les mauvaises notes s'accumulaient au point où au troisième trimestre, j'ai eu la moyenne de 8,2/20 alors que je tournais toujours autour de 12 ou 11 de moyenne. 

Il faut dire que j'étais devenue " palapala " de Patrick au point où je lui ai offert ma virginité, ce qui ne sera pas sans conséquences. Puisque quelques semaines après, je découvrais que j'étais enceinte. << Moi enceinte? Ça ne peut pas être possible? A quel âge? Comment vais-je expliquer ça à maman? >>, m'étais-je dis ce jour. 

Mais le mal était déjà fait et je ne pouvais plus revenir en arrière. 

Patrick voulait que je garde le bébé et puis maman s'était toujours opposée à l'avortement. Et c'est comme ça que j'ai finalement gardé le bébé. 

Mais maman, très en colère d'apprendre la nouvelle de ma grossesse, et de voir que j'avais ruiné ses espoirs et foutu mon avenir en l'air, fit un AVC qui lui sera malheureusement fatal. Une grande tristesse pour moi qui, apres avoir perdu mes frères et mon père un an auparavant, me retrouvait toute seule. Et comme un malheur ne vient jamais seul, ce fut un echec à l'examen du probatoire. 

N'ayant donc nulle part où aller vu que nous étions en location, et ayant un enfant dans le ventre, je suis allée vivre chez Patrick qui n'était pas très emballé de m'accueillir dans sa maison. 

Nous avons vécu 8 années de concubinage, 8 années au cours desquelles nous avons eu trois enfants de plus. Mais Patrick me faisait vivre un enfer. 

Ayant arrêté mes études et n'ayant aucune source de revenu et nulle part où allez, surtout avec quatre enfants sur le bras, dont un nouveau né, Patrick profitait de la situation pour me frapper et découchait très souvent. 

Des fois, il me lançait des propos acerbes et allait jusqu'à me dire que si je ne suis pas contente, que je libère sa maison. 

Il me traitait de " grosse" de femme "obèse", et disait que je suis moche et que je sens les égouts. Mais que pouvais-je faire? Où serais-je allée avec quatre enfants? 

Sans rechigner, sans faire la moue, ni dire un mot, je supportais toutes ces violences verbales et parfois physiques, parce que je n'avais pas trop le choix. Et puis je ne pouvais qu'à m'en prendre à moi-même. et c'est parfois dans les larmes, la solitude et la prière que je noyais mes peines. 

Très touchée par le calvaire que je vivais au quotidien, une voisine de notre entourage me proposa de garder mes enfants histoire pour moi de sortir me battre. Ce que j'acceptais naturellement.

C'est donc comme ça que j'ai commencé à faire un petit commerce qui me permettait d'épargner un peu d'argent. 

Patrick était de plus en plus absent à la maison et même dans son rôle de père. Il passait ses journées au bar et le peu d'argent qu'il gagnait, il le dépensait avec " les petites pampampés ".

A chaque fois que je lui parlais de mariage, il répondait toujours << c'est encore trop tôt! Je t'étudie encore >>.j'avais tellement entendu ce refrain que j'ai fini par ne plus en parler. 

Un soir, alors que j'étais rentrée de mon commerce, je découvrais que la maison était vide. Patrick avait presque tout vidé et avait laissé derrière lui cinq mois de loyer impayé et quelques dettes qu'il avait contractées en mon nom. 

Une situation dure pour moi et pour les enfants. C'est donc avec mes maigres économies que j'ai dû me battre au quotidien pour subvenir aux besoins des enfants et éponger les multiples dettes que Patrick m'avait laissé. 

Dieu merci j'y suis arrivée! Car après trois années de souffrance, de durs labeurs, trois années à vivre comme des nomades, j'ai pu mettre sur pied une petite entreprise de " Chips" qui est florissante aujourd'hui. 

Grâce à cette petite entreprise, j'ai pu me prendre mes enfants et moi une belle petite maison et payer leurs études. 

Et même si je suis toujours célibataire, que Patrick ne m'a pas épousé et qu'il m'a fait perdre huit années de ma vie, je suis la femme et la maman la plus heureuse du monde. Et ce n'est pas l'absence d'un homme qui me rendra malheureuse, car mes enfants me comblent de bonheur chaque jour.

Et je sais une chose << c'est qu'il ne faut jamais être pressé dans la vie. Si quelque chose doit arriver, cela arrivera au bon moment, avec la bonne personne et pour de bonnes raisons >>.

Alors mes copines et mes soeurs, soyez patientes. Votre bonheur ne dépend pas d'un Homme, mais de Dieu. Ne vous laissez pas abattre si vous n'êtes pas mariées, ou si vous êtes une mère célibataire.

Non! Assumez fièrement votre célibat. Car on est soit même artisan de son bonheur. Et comme le dit souvent une très bonne amie à moi << Le bonheur, se trouve parfois dans les choses les plus simples >>.

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