Injection dans le point G : une technique encore récente

La sphère des troubles sexuels féminins est longtemps restée un "continent noir" pour reprendre l'expression de Freud. Aux Etats-Unis, le succès et la médiatisation du Dr Matlock ont "suscité quelques vocations". Mais en France, très peu de praticiens recourent aujourd'hui à cette technique. Et bien peu de travaux scientifiques l'ont évaluée en détails. 

En France, le Dr Benattar est à l'origine de deux études. La première s'intéressait à une dizaine de femmes souffrant d'une baisse de désir et une difficulté à atteindre un orgasme (dont 8 ménopausées) 4. "Trois mois plus tard, une augmentation de l'excitabilité et de la sensation de plaisir était notée" déclare le Dr Benattar. Face au faible nombre de participantes et à l'absence de comparaison, cette étude constituait cependant plus un préambule qu'une réelle démonstration. 

La seconde étude conduite sur 30 femmes souffrant d'anorgasmie vaginale a tenté de comparer une injection d'acide hyaluronique et quelques mois plus tard une injection sans produit. La comparaison de la satisfaction des participantes après ces deux expériences (une véritable et une fausse injection) n'a pas été à la hauteur des espérances. Mais selon le Dr Benattar, "il s'agissait de cas difficiles, des femmes anorgasmiques depuis toujours. Mais si les résultats sont modestes, ils ne sont pas inintéressants puisque 9 femmes ont connu un changement positif vis-à-vis de l'orgasme vaginal. 

Un réveil à la sensibilité vaginale et une augmentation de la satisfaction sexuelle ont permis à plusieurs femmes de leur redonner confiance et de les mettre dans une nouvelle dynamique positive, changeant leur perception d'incapacité totale à une réelle prise de confiance en elle" 5.

Il semble aujourd'hui prématuré de considérer l'amplification du point G comme une solution miracle aux troubles sexuels. Cette technique pourrait constituer une nouvelle possibilité pour des femmes en détresse, à condition que demain, de plus amples études puissent assurer avec certitude qu'il s'agit là d'un effet physique et non d'un effet psychologique sur la libido. Mais dans un domaine de recherche largement neuf, cette possibilité apparaît déjà séduisante.

Ecrit par:
David Bême

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